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Comment fonctionne une boîte à double embrayage (DSG) ? La boîte qui tient deux rapports à la fois

3 min de lecture6 septembre 2026· 6 vues

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Sommaire
  1. Deux boîtes, un seul carter
  2. Embrayages humides et secs
  3. L’origine de l’idée : les années 1930
  4. La maturation sur les circuits
  5. 2003 : la descente dans la rue
  6. La différence avec une automatique à convertisseur
  7. Sources

Dans une voiture à boîte manuelle, chaque changement de rapport prive les roues de la puissance du moteur pendant le bref instant où le pied est sur l’embrayage : la voiture marque une minuscule "pause". La boîte à double embrayage, connue surtout sous le nom commercial DSG de Volkswagen, est conçue pour supprimer presque entièrement cette pause. Son principe est étonnamment simple : au lieu d’une seule boîte, on utilise deux demi-boîtes logées dans un même carter, chacune actionnée par son propre embrayage.

Deux boîtes, un seul carter

À l’intérieur d’une DSG se trouvent deux arbres d’entrée concentriques. L’arbre extérieur creux est relié à un embrayage, l’arbre intérieur plein à l’autre. Les rapports sont répartis entre ces arbres : en général les 1re, 3e et 5e (ainsi que la marche arrière) sont sur un arbre, les 2e, 4e et 6e sur l’autre. À tout instant, un seul embrayage est fermé et transmet la puissance du moteur aux roues par sa série de rapports ; l’autre embrayage est ouvert.

L’astuce, c’est que la demi-boîte au repos ne reste pas inactive. Pendant que la voiture roule en 3e, le calculateur prévoit que le conducteur passera très probablement en 4e et engage déjà la 4e — mais comme l’embrayage de cet arbre est ouvert, cela n’a aucun effet. Lorsqu’un passage au rapport supérieur est demandé, un embrayage s’ouvre pendant que l’autre se ferme. Le relais se mesure en millisecondes, et comme les deux embrayages patinent brièvement ensemble, le couple aux roues n’est jamais interrompu.

Embrayages humides et secs

Les DSG se distinguent par le type d’embrayage. Dans les systèmes à embrayage humide, les disques baignent dans l’huile ; celle-ci les refroidit et réduit l’usure, d’où leur préférence pour les moteurs à couple élevé. Les systèmes à embrayage sec fonctionnent sans huile, ont des pertes par frottement plus faibles et contribuent donc un peu à l’économie de carburant ; mais comme ils dissipent moins bien la chaleur, on les associe généralement à des moteurs à couple plus modeste. La première unité à six rapports du groupe Volkswagen (la DQ250) utilisait un embrayage humide ; la DQ200 à sept rapports, plus tardive, utilisait un embrayage sec.

L’origine de l’idée : les années 1930

L’idée du double embrayage n’est pas neuve. L’ingénieur français Adolphe Kégresse a breveté le principe au milieu des années 1930 et a monté un prototype sur une Citroën Traction Avant en 1939, mais il a manqué d’argent avant de l’achever. En 1949, Borg-Warner a breveté une conception similaire baptisée "boîte à double arbre intermédiaire", mais ce brevet a expiré en 1969 sans jamais atteindre la production. L’Easidrive, mise au point au Royaume-Uni à la fin des années 1950, fut l’un des premiers exemples de série, utilisé sur la Hillman Minx de 1961 — mais il s’est révélé peu fiable. Le problème ne venait pas de la mécanique, mais de l’absence d’une électronique assez rapide et précise pour gérer deux embrayages.

La maturation sur les circuits

C’est la compétition qui a rendu la technique utilisable. Au début des années 1980, Porsche a développé un système appelé "Doppelkupplungsgetriebe" (PDK en abrégé) ; le PDK a couru pour la première fois en 1986 sur la Porsche 962 et permettait aux pilotes de changer de rapport sans lâcher le volant. À la même époque, Ferdinand Piëch, alors chez Audi, a testé le système et l’a adapté à la voiture de rallye Audi Sport quattro S1. Une fois la commande électronique devenue assez bon marché et fiable, au bout d’une quarantaine d’années, la production en série a suivi.

2003 : la descente dans la rue

Volkswagen, en collaboration avec Borg-Warner, a lancé sa DSG à six rapports en 2003 sur la Golf R32 puis, peu après, sur l’Audi TT — la première boîte à double embrayage produite en série sur une voiture de tourisme. La Golf R32 de 250 ch équipée de la DSG atteignait 100 km/h un peu plus vite que la version manuelle, tout en consommant moins. Ce double avantage — plus rapide qu’une manuelle et plus sobre qu’une automatique — a diffusé la technologie rapidement ; aujourd’hui, la plupart des constructeurs, d’Alfa Romeo à Volvo, proposent une option à double embrayage.

La différence avec une automatique à convertisseur

Les automatiques classiques utilisent, au lieu d’une liaison mécanique entre le moteur et la boîte, un organe appelé convertisseur de couple qui transmet la puissance par un fluide (huile hydraulique). C’est très doux et cela procure naturellement le "rampage" à basse vitesse, mais la transmission par fluide entraîne une certaine perte. Comme une DSG utilise un embrayage mécanique direct, elle n’a pas cette perte et ses passages sont plus francs. En contrepartie, une DSG peut se montrer moins souple à très basse vitesse (manœuvres de stationnement, démarrages en côte) et sa conception, plus complexe, la rend plus coûteuse à réparer. Ces dernières années, certains constructeurs (dont BMW et Aston Martin) sont revenus aux automatiques à convertisseur au nom du confort ; chez Porsche, en revanche, la grande majorité des acheteurs de 911 choisissent toujours le PDK.

Sources

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Questions fréquentes

Que signifie DSG ?

DSG est l’abréviation de l’allemand "Direktschaltgetriebe" (boîte à passage direct) et le nom commercial du groupe Volkswagen pour sa boîte à double embrayage. Techniquement, elle appartient à la famille des boîtes à double embrayage (DCT) ; le PDK de Porsche et la PowerShift de Ford utilisent le même principe.

Pourquoi une boîte à double embrayage change-t-elle de rapport sans coupure de couple ?

Parce que le rapport suivant est déjà engagé sur l’arbre du second embrayage, resté ouvert. Lors du passage, un embrayage s’ouvre pendant que l’autre se ferme, et un bref instant les deux patinent ensemble, maintenant le couple en continu.

Vaut-il mieux un embrayage humide ou sec ?

Les embrayages humides refroidissent mieux grâce à leur bain d’huile et encaissent un couple élevé ; les embrayages secs ont des pertes par frottement plus faibles et consomment donc un peu moins, mais se limitent aux moteurs à couple faible ou moyen. Le "meilleur" choix dépend de la puissance du moteur et de l’usage.

Quelle est la différence entre une DSG et une automatique classique (à convertisseur) ?

Une DSG utilise un embrayage mécanique direct : ses passages sont plus francs et son rendement meilleur. Une automatique à convertisseur transmet la puissance par un fluide hydraulique, ce qui est très doux et procure un rampage plus naturel à basse vitesse, mais avec une certaine perte de transmission.

Quelle a été la première voiture de série à recevoir une boîte à double embrayage ?

La Volkswagen Golf R32 de 2003 (puis, peu après, l’Audi TT). L’idée remonte aux années 1930 et à l’ingénieur français Adolphe Kégresse ; la technologie a mûri sur les circuits dans les années 1980 avec le PDK de Porsche.

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